Qu’est-ce que la dépendance affective ?
Développement personnel - 23/09/2021 - Lecture 5 mn

Eclairage grâce à deux modèles d’analyse : Bowlby/Bourbeau

Quand on dit dépendance, on pense souvent alcool, tabac, drogue, jeu, sexe…. Mais il est une dépendance peut-être moins connue, où la substance n’est pas forcément matérialisable : la dépendance affective. Voyons cela d’un peu plus près, grâce à 2 modèles d’analyse très éclairants : Bowlby et Bourbeau.

Le modèle de Bowlby

Si l’on prend le modèle de Bowlby, les style d’attachement sont des schémas intégrés dans notre cerveau au niveau des centres qui gèrent notre survie. C’est donc un fonctionnement très primitif, automatique, jusqu’à ce qu’on le conscientise. Ces schémas, formant notre carte du monde relationnelle, proviennent de la façon dont nous avons appris à donner et recevoir l’amour dans notre petite enfance. Ensuite, ils vont déterminer le dosage proximité/distance ou encore intimité/individualité que nous voudrons mettre en place dans nos relations. En dehors du style d’attachement sécure, les autres types d’attachement se construisent sur ce qu’on appelle un trauma développemental : un manque de connexion qui crée un tel trauma émotionnel et psychique que le développement de l’enfant sera perturbé, et la vie de l’adulte ensuite également

Ce type d’attachement anxieux trouve souvent son origine dans des comportements parentaux incohérents, alternant négligence ou désintérêt avec surprotection ou hypervigilance. Peinant à être reconnu comme un individu en construction, l’enfant ne sera pas accompagné dans l’élaboration de ses émotions. Il pourra tenter de mettre en place des stratégies coercitives de maintien du lien, qu’il reproduira ensuite à l’âge adulte. Le manque de confiance en l’autre et en soi pourra conduire à un comportement alternant séduction (tout faire pour être aimé, accueilli, « adopté ») et plaintes, préfigurant peut-être d’une tendance à la victimisation. Adulte, il lui sera difficile de produire un récit cohérent de son enfance.

Une dépendance peut-être moins connue, où la substance n’est pas forcément matérialisable : la dépendance affective

Dans le tableau ci-dessous, on voit que le dépendant affectif appartient au style « attachement anxieux ». On note que la peur de perdre la relation a pour conséquence de s’accrocher lors d’une séparation, mais aussi de s’accrocher à une relation insatisfaisante. Convaincu de ne pas pouvoir être heureux à moins d’être dans une relation, le DA (dépendant affectif) fait fi de l’adage « mieux vaut être seul que mal accompagné ». Il vit la fin d’une relation comme un échec, se remettant totalement en question ! Le DA a le cœur ouvert (trop ?), veut beaucoup de proximité, de connexion. Une personne qui s’est construite dans ce modèle d’attachement a des demandes affectives démesurées, et sa peur d’être abandonnée peut la mener à douter de la sincérité de l’amour de l’autre. Quand on est dans ce style d’attachement, on se sent particulièrement frustré par les profils « évitants », et curieusement ou non, on en rencontre beaucoup….