Impact de la qualité de l'air sur notre santé
Environnement - 07/10/2021 - Lecture 6 mn

Savez-vous combien de temps vous passez entre quatre murs ? La réalité est surprenante…bien loin de ce que l’on peut imaginer car nous passons environ 80 % de notre temps dans des espaces clos.

Or, selon une étude de l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur, l’air intérieur est 5 à 7 fois plus pollué que l’air extérieur.

Cette pollution peut avoir des effets néfastes sur notre santé et notre bien-être. Des gestes simples permettent de s’en prémunir.

Les polluants de notre intérieur en revue

Appareils de chauffage et de cuisson, tabagisme, produits d’entretien, peintures, meubles, décoration…sont autant de sources de pollution de notre air intérieur.

On peut classer les polluants de nos intérieurs en 4 grandes catégories :

1. Polluants chimiques :

Comme :

-Le CO (monoxyde de carbone) : invisible, inodore et non irritant, le monoxyde de carbone résulte d’une mauvaise combustion au sein d’un appareil à combustion, par exemple, fonctionnant au gaz, au bois, au charbon, à l’essence, au fuel ou encore à l’éthanol. Les trois quarts des intoxications accidentelles domestiques sont en lien avec une installation raccordée de type chaudière, poêle/radiateur ou chauffe-eau. On estime à 4 000 le nombre de personnes intoxiquées par an en France par le monoxyde de carbone, et à 100 le nombre de décès.

-Les COV (composés organiques volatils) : formaldéhyde, solvants organiques, … principalement issus des meubles, colles, peintures, produits d’entretien et de nettoyage, désodorisants, parfums,..
Ces polluants ont potentiellement un impact négatif sur les bronches des allergiques et des asthmatiques.

-Les COSV (composés organiques semi-volatils) tels que les phtalates, bisphénols, les muscs, les organophosphorés, …. Présents dans de nombreux produits et matériaux du quotidien (revêtements, plastifiants, produits de traitements du bois, retardateurs de flamme, insecticides ,…), ils sont émis dans les bâtiments par dispersion lors de l’usage, par évaporation ou abrasion. Ils se répartissent à la fois dans l’air et dans les poussières déposées au sol, sur le mobilier et les objets. On n’en maîtrise pas encore tous les impact sur la santé, mais selon l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur, ils seraient « suspectés d'avoir des effets sur le système nerveux et le système immunitaire […] et peuvent aussi entraîner des effets sur le système reproducteur (baisse de la fertilité, malformation, cancer, etc.) ou l’augmentation de l’obésité, par exemple »,.

-La fumée de tabac également est une source de pollution dégageant des oxydes d’azote (NOx), du dioxyde de soufre (SO2), des pesticides (insecticides et fongicides).

2. Polluants biologiques :

On en distingue principalement deux types : les agents infectieux (bactéries, virus,..) et les allergènes (émis par les moisissures, les animaux domestiques, les plantes, les insectes et les acariens). L’humidité peut être un facteur aggravant de l’apparition de moisissures, d’acariens ou de dégradation des surfaces pouvant être à l’origine du dégagement de COV. Les sources d’humidité dans la maison sont nombreuses : on pense facilement à la douche, la cuisson, mais saviez-vous qu’un adulte produit environ 55 g de vapeur d’eau à l’heure ?

3. Particules et fibres:

Provenant principalement de la poussière, ces particules et fibres peuvent être inhalées. En fonction de leur composition, ces particules et fibres pourront avoir un impact sur le système respiratoire, voire provoquer des allergies ou autres atteintes sur la santé (dans le cas de présence de COSV par exemple). La présence de poussière peut favoriser également le développement des acariens.

4. Gaz radioactif :

Le radon qui peut s’accumuler dans les maisons, en particulier dans les caves où le renouvellement de l’air est souvent faible et se mélangent aux poussières de l’air. Principalement présent dans les régions au sous-sol granitique ou volcanique (Bretagne, Massif Central, Corse…). Les atomes du radon en se désintégrant émettent des rayonnements ionisants ; ils sont donc cancérigènes. Si la peau représente une barrière assez épaisse pour ne pas être atteinte, les muqueuses des bronches et des poumons sont beaucoup plus sensibles. Ce risque augmente avec la concentration de radon dans l'air et avec la durée pendant laquelle on est exposé à cet air : mais il faut de très nombreuses années pour qu’un cancer du poumon puisse se développer au contact du radon.

Les solutions pour un intérieur plus sain

La détérioration de la qualité de l’air intérieur peut impacter la santé à deux niveaux :

Quels sont les effets de la pollution de l'air sur notre santé ?

-Dans le cas d’inhalation ou d’exposition à des doses assez fortes de polluants (par exemple lors de travaux de peinture, d’utilisation de solvants…) : ils peuvent provoquer des troubles (maux de tête, nausées, irritations de la peau et des muqueuses oculaires et respiratoires, difficultés de concentration…).

-Dans le cas d’une exposition répétée et durable, même à des doses de polluants parfois très faibles : ils peuvent aggraver ou être à l’origine de pathologies chroniques ou de maladies graves (maladies et allergies respiratoires, hypersensibilité bronchique, diminution de la capacité respiratoire, cancers…). Difficiles à étudier, ces effets apparaissent longtemps après l’exposition et la détermination du ou des polluants responsables est souvent complexe.

Face à ces polluants, une attention toute particulière est à porter aux personnes les plus fragiles comme les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées, ou certains malades (cardiaques, asthmatiques, bronchitiques, insuffisants respiratoires) qui sont particulièrement sensibles aux pollutions de l’air.

Le mieux est d’éviter au maximum de faire entrer des polluants dans nos logements et à défaut d’éviter leur accumulation.

Voilà quelques solutions pour un intérieur plus sain :

Aérer et ventiler

Il s’agit tout d’abord de veiller au bon fonctionnement du système de ventilation (veiller également à nettoyer les bouches de temps en temps – ne jamais les obturer). Il est fortement conseillé d’aérer son logement 5 à 10mn par jour en ouvrant grand les fenêtres pour évacuer l’humidité et ventiler le logement et cela même en hiver ! Il est particulièrement important d’évacuer l’humidité en hiver car un intérieur humide génère un mauvais confort thermique (sensation de froid) ce qui pourrait inciter à augmenter le chauffage inutilement. Astuce : en ouvrants toutes les fenêtres en même temps le renouvellement de l’air sera plus rapide (en 2 à 5 minutes).

Entretenir son matériel de chauffage

Tout appareil à combustion doit être entretenu régulièrement et placé dans un espace aéré. N’utilisez pas les chauffages d’appoint au pétrole ou au gaz en continu, ni pour chauffer une chambre, ni dans une pièce mal ventilée.

Utiliser des produits les moins nocifs possibles

Utilisez des produits d’entretien les plus naturels possibles ou fabriquez-les vous-même en utilisant des produits de base (savon noir, bicarbonate, citron, vinaigre blanc) et en limitant le nombre d’ingrédients.

Vous pourrez également vous fier aux labels écologiques même s’ils ne seront pas forcément complètement inoffensifs, ces produits respecteront un certain cahier des charges plutôt rassurant.

En matière d’entretien de la maison, la meilleure solution dans ce domaine reste de se passer au maximum des produits chimiques. Et pour cela je vous conseille les chiffonnettes lavables en microfibre. Il en existe aujourd’hui de différentes sortes certaines plus adaptées aux poussières, d’autres aux surfaces vitrées : avec un peu d’eau pour certaines le tour est joué.

Pour ce qui est de l’ameublement et de la décoration ; l’achat d’occasion s’avère être une solution écologique, économique et saine …

2 fausses bonne idées :

Les plantes :

Et mauvaise nouvelle…même si les plantes d’intérieur ont un effet positif en faisant entrer la Vie et la Nature dans nos logement, l’efficacité des plantes dites « dépolluantes » n’a pas été vérifié scientifiquement…en tout cas leur efficacité serait à priori bien moindre que l’aération et la ventilation…

Les bougies ou l’encens :

La réalité est tout autre ! Une étude de l'ADEME a montré que brûler des bougies et de l'encens émet des polluants (benzène, formaldéhyde…), préjudiciables pour la santé des occupants (risques d’irritations des voies respiratoires…) et que des effets sanitaires à long terme (augmentation du risque de cancer) sont possibles pour les utilisateurs intensifs. Les mesures effectuées ont montré que les niveaux de concentration atteints pendant et après la combustion des bâtons d’encens sont très largement supérieurs à ceux obtenus pour les bougies parfumées. Et contrairement à ce que l’on pense : un logement propre n’a pas d’odeur. Si une odeur de parfum persiste après le nettoyage, c’est que des Composés organiques volatils (COV) sont encore présents dans le logement.

Rédigé par Laetitia Blondel