Charge morale : faut-il vraiment être parfait pour contribuer à un monde meilleur ?
Développement personnel - 16/06/2021 - Lecture 6 mn

Face aux enjeux sociaux et environnementaux de notre société, nous sommes de plus en plus nombreux à nous engager dans un mode de vie différent, plus respectueux du Vivant. Et c’est tant mieux ! Mais attention à la charge mentale supplémentaire qui peut nous épuiser, voire nous faire renoncer. Analyse et pistes d’actions avec Laetitia Blondel.

Nous vivons une période singulière où nous sommes nombreux à vouloir changer les choses, agir sur nos modes de consommation, acheter responsable… Oui mais voilà, changer ses habitudes ce n’est pas toujours évident, surtout lorsque l’on ajoute à sa charge mentale – devenue presqu’habituelle – une charge morale qui nous engage, qui nous impose, qui nous oblige presque ABSOLUMENT à engager ces changements. Ajoutez à cela notre envie de faire « tout de suite » et de tout changer du jour au lendemain, on file droit vers le burn-out écologique !

La charge morale, de quoi parle-t-on exactement ?

La charge morale est un terme que j’ai découvert récemment. Il s’agit de la version « écolo » de la charge mentale : le fait d’avoir des tâches supplémentaires à faire mais pour la « bonne cause » (une cause morale). Cela se réfère donc majoritairement aux tâches en lien avec le « zéro déchet » : cet objectif devenu tendance qui invite chacun d’entre nous à réduire ses déchets en agissant différemment : cuisiner plus souvent maison, faire ses courses en vrac, fabriquer ses produits ménagers ou cosmétiques…

La grosse différence avec la charge mentale (qui lui ressemble beaucoup), c’est que cette charge morale risque de peser encore plus fort sur vos épaules puisqu’elle est en lien avec une cause qui vous touche particulièrement. Ainsi, le moindre écart avec vos injonctions intérieures vous fera vous sentir coupable…

Une pression sociale mais aussi personnelle

Cette charge morale est bien souvent le résultat non seulement de tâches supplémentaires mais aussi d’une pression sociale et personnelle. Une pression sociale d’abord parce que quand on commence à faire des petits gestes au quotidien pour réduire notre empreinte écologique, notre entourage ne nous fait pas forcément de cadeau en pointant du doigt nos moindres écarts, contradictions et imperfections…mais faut-il vraiment être parfait pour contribuer à un monde meilleur ? L’action, n’est-elle pas au contraire à valoriser

L’écologie, c’est trouver un équilibre en être, avoir et faire

D’ailleurs bien souvent ces personnes qui nous jugent ne font généralement pas grand-chose voire rien… en se cachant derrière ces imperfections ou contradictions pour se donner de bonnes raisons pour ne pas avancer…

La pression sociale c’est aussi le fait que les médias, les associations et les réseaux sociaux nous encouragent de plus en plus à changer notre mode de vie pour être plus « écolo » : émissions, challenges, ateliers DIY… Tous mettent de plus en plus en avant les écogestes du quotidien en étalant leurs réussites, leurs succès qu’ils semblent réaliser avec une grande facilité.

Je ne peux que me satisfaire de cet engouement bien sûr qui pourra sensibiliser encore plus de personnes pour agir en faveur de l’écologie. Mais cela nous impose une injonction supplémentaire pour faire encore plus nous rappelant par là même nos imperfections alors qu’il nous semble peut-être que tout cela est inaccessible, tant il existe de solutions, de façons de faire…et qu’on se demande bien par où commencer et où trouver le temps dans l’agenda déjà hyper chargé !

Alors comment on fait ? 4 pistes pour trouver votre équilibre

Je commencerai par dire que si vous voulez « écologiser » votre quotidien sans rien changer de votre mode de vie actuel vous risquez d’aller droit dans le mur. L’écologie ce n’est pas faire autant et différemment, mais plutôt moins mais mieux. C’est trouver un équilibre entre ETRE, FAIRE et AVOIR. Pour cela, je vous propose la règle des « 4 A » :

Allégez-vous !

Il s’agit dans un premier temps de vous alléger : allégez votre emploi du temps, apprenez à mettre votre énergie au bon moment au bon endroit pour être plus efficace. Apprenez à refuser, déléguer, espacer vos tâches. Mais aussi accordez-vous du temps de ressourcement rien que pour vous, ne serait-ce que 15 mn par jour. Prendre soin de vous est la première étape pour prendre soin des autres et de la Planète… c’est ce que j’appelle l’écologie intérieure.

Avancez pas à pas

Inutile de vouloir tout révolutionner du jour au lendemain, installez plutôt petit à petit, à votre rythme et selon vos envies, de nouvelles habitudes dans votre quotidien. D’ailleurs il s’agit plus de transformer et simplifier des habitudes existantes que d’en ajouter de nouvelles. Allez à l’essentiel, au plus simple. Ne cédez pas aux tentations de recettes trop compliquées ou contraignantes mais au contraire, simplifiez-vous la vie !

Appréciez ce que vous faites

Transformez vos corvées en petits plaisirs et, pourquoi pas, en moment de partage. Et si la cuisine pouvait être votre sas de décompression en écoutant votre podcast préféré que vous n’avez pas le temps d’écouter ? Et si fabriquer la lessive pouvait se faire en famille ? Et si aller au marché pouvait être l’occasion d’échanger avec vos commerçants et de prendre un petit café ?

Acceptez d’être humain.e

Soyez bienveillant.e avec vous-même. Oui, vous avez sûrement de très bonnes raisons de vouloir changer et c’est tout à votre honneur. Mais la perfection n’est pas de ce monde et heureusement car nous pouvons ainsi toujours apprendre et nous améliorer ! Sachez apprécier chaque petite victoire en étant indulgent.e avec vous sur les écarts, contradictions et imperfections éventuels. L’important c’est d’avancer, ne serait-ce qu’un peu, mais dans la bonne direction.

Rédigé par Laetitia Blondel